Nègres blancs d'Amérique (Pierre Vallières) de LEC Standar
L'association Trudeau Cité Libre, La Presse Desmarais
Nègres blancs d'Amérique de LEC Standar
Nègres blancs d'Amérique (1968) se veut une analyse marxiste
de l'histoire du Québec et un programme d'avenir.
Le livre se présente sous l'aspect d'une autobiographie écrite par Pierre Vallières pendant qu'il purgeait une peine dans une prison de Manhattan pour ses activités associées au FRONT DE LIBÉRATION DU QUÉBEC (FLQ).
Le livre décrit son enfance marquée par la pauvreté et la frustration à l'époque de DUPLESSIS. Ses parents, de classe ouvrière, habitent Longueuil-Annexe (Longueuil) et Vallières a une carrière en dents de scie : étudiant en philosophie, employé de bureau, postulant franciscain, écrivain. Il est l'ami du poète Gaston MIRON et de l'intelligentsia associée à CITÉ LIBRE, à PARTI PRIS et au DEVOIR. Il parle de sa « conversion » au MARXISME et de sa participation aux activités du FLQ à la suite d'un voyage en France et en Espagne. Aux yeux de Vallières, la classe ouvrière du Québec présente les caractéristiques d'un peuple colonisé. Les « nègres blancs » vivent dans une condition qui, selon lui, ne pourra être changée que par une révolution armée. Cette oeuvre est révisée et enrichie en 1969 puis traduite en 1971 sous le titre White Niggers of America.
Auteur MICHELE LACOMBE
Front de libération du Québec de LEC Standard
Front de libération du Québec (FLQ), mouvement révolutionnaire qui utilisait la
propagande et le TERRORISME pour promouvoir la création d'un Québec indépendant
et socialiste.
Le mouvement est fondé en mars 1963, alors que le Québec connaît une période de changements remarquables (expansion industrielle, modernisation de l'État), mais il est également stimulé par des facteurs internationaux tels que la décolonisation de l'Algérie. Pierre Vallières, auteur de l'ouvrage intitulé NÈGRES BLANCS D'AMÉRIQUE, adhère au FLQ en 1965 et est généralement considéré comme le théoricien de l'organisation.
En 1963, des militants felquistes clandestins, dont certains sont arrêtés,
placent des bombes dans les boîtes à lettres de trois manèges militaires
fédéraux et à WESTMOUNT, riche quartier de Montréal habité par des anglophones
de la classe moyenne supérieure. En 1964, un autre groupe de felquistes vole 50
000 dollars en espèces et de l'équipement militaire, puis commet un vol à main
armée à l'International Firearms.
Au cours de ce vol, le vice-président de la compagnie est tué par le FLQ et un autre employé est abattu par la police, qui le prend pour un des voleurs. De 1965 à 1967, le FLQ s'associe aux activités de travailleurs en grève.
Il est impliqué dans plus de 200 attentats à la bombe entre 1963 et 1970 et commence en 1968 à utiliser des bombes plus grosses et plus puissantes. Des bombes sont posées dans une librairie du gouvernement fédéral, à l'U. McGill, au domicile de Jean DRAPEAU, au ministère provincial du Travail et à la Bourse de Montréal, où 27 personnes sont blessées. À l'automne 1969, le mouvement se scinde en deux cellules distinctes comptant environ 12 membres chacune : la bande de la rive Sud, dirigée par Paul Rose, qui devient la cellule Chénier, et la cellule Libération, dirigée par Jacques Lanctôt et établie à Montréal.
À l'automne 1970 (voir CRISE D'OCTOBRE), le FLQ kidnappe Pierre LAPORTE et le délégué commercial britannique James Cross. Laporte est ensuite assassiné. En vertu de la LOI DES MESURES DE GUERRE, plus de 450 personnes sont arrêtées, y compris 150 membres « présumés » du FLQ. Paul Rose et Francis Simard sont condamnés à la prison à perpétuité pour le meurtre de Laporte, Bernard Lortie est déclaré coupable de l'avoir kidnappé, et Jacques Rose est condamné en tant que complice. Cinq des ravisseurs de Cross s'enfuient à Cuba, puis en France, et reviennent enfin au Canada. L'un d'entre eux reste à Montréal, mais il est arrêté en 1980 et condamné en 1981. Le mouvement cesse ses activités en 1971.
Auteur MARC LAURENDEAU